SUR LA ROUTE : Entrevue avec John Parisella (Une deuxième ère Trump est-elle possible?)

ENTREVUE AVEC JOHN PARISELLA

Notre formule d’entrevue “sur la route” est remplacée temporairement par une formule en “confinement”. Aujourd’hui, j’ai le privilège de recevoir le spécialiste de la politique américaine, M. John Parisella.

Quelles sont les probabilités que le président Trump soit réélu pour un 2e mandat le 3 novembre prochain?

Selon lui, la pandémie due à la Covid-19 aura peu d’impact sur la réélection de Trump. Ses supporteurs trouvent qu’il a bien géré la crise (même trop), alors que ses détracteurs pensent le contraire. Ça a donc peu d’effet sur l’électorat parce que, selon lui, il n’y pas eu de migration d’un camp à l’autre.

Il est cependant d’avis, au moment de l’entrevue, que le nombre nominal de votes est, en ce moment, à l’avantage des démocrates, comme lors de l’élection de 2016. Ce qui est moins prévisible, c’est ce que vont faire les « grands électeurs ». De ce côté, tout peut arriver. C’est plutôt à partir de septembre que les choses devraient commencer à se préciser.

Qu’en est-il de nos liens commerciaux avec les USA et de l’impact que pourrait avoir la réélection de M. Trump?

Selon M. Parisella, le pire est passé. Le nouvel « ALENA » est maintenant ratifié et, de toute façon, le Canada entretient de plus en plus des liens d’affaires avec les différents États plutôt qu’avec le gouvernement central. Les sautes d’humeur de M. Trump sont donc moins « insécurisantes » que par le passé, à la grande satisfaction des États et du Canada.

En résumé, personne n’a de boule de cristal, mais on peut conclure que, même si un deuxième mandat est donné à M. Trump, ce sera moins « épouvantable » qu’il y a quatre ans.

Ceci dit, c’est dans cinq mois. Bien des choses vont s’écrire et se dire encore d’ici là.

La suite? Ce sera le 3 novembre sur nos écrans de télé.

SUR LA ROUTE : Entrevue avec Me David Heurtel (Tout va changer!)

SUR LA ROUTE : Entrevue avec Me David Heurtel (Tout va changer)

 

 

Notre conférencier, avocat et ex-ministre du développement durable et de l’environnement Me David Heurtel s’exprime à cœur ouvert sur l’après-pandémie :

 

« C’est certain qu’en tant qu’avocat expert-conseil, j’ai été inondé de toutes sortes de demandes liées aux diverses communications engendrées par la pandémie. Que ce soit des communications aux employés, aux clients, aux investisseurs, aux fournisseurs, aux médias ou même au grand public, j’ai dû gérer des urgences durant ces dernières semaines.

 

Pour certains clients, il fallait même prendre de nouvelles ententes contractuelles avec leurs clients, transformer leurs opérations, etc. Dans bien des cas, plusieurs de ces changements seront permanents.

 

En parallèle, il fallait apprendre à naviguer à travers la multitude de nouveaux programmes gouvernementaux. Se qualifie-t-on ? Oui ou non? Peut-on modifier le programme? Etc.  Sans compter qu’il fallait poursuivre le travail normal de rédiger des ententes, des contrats, des demandes de permis, etc.

 

Il est fort probable que dans le futur, mon travail d’avocat en sera plus un d’accompagnement, tant humain qu’au niveau des affaires. Mais le fait que toute la planète a vécu le même désastre, ça va simplifier un peu les choses. Par contre, comme cette situation n’est jamais arrivée, personne n’a de livre d’instructions. Tout est à faire, tout est à inventer, et personne n’est à l’abri des erreurs.

 

Selon moi, tout va changer. La vie n’a jamais plus été la même après la première ou deuxième guerre mondiale. De nouvelles lois ont été créées, de nouvelles habitudes de vie se sont développées, de nouvelles technologies ont émergé, il en sera de même après cette pandémie.

 

Une des choses qui changera à coup sûr, c’est notre relation avec le travail de bureau, le transport, les déplacements. Aurons-nous encore besoin de se déplacer dans une tour à bureau pour travailler? Aurons-nous le goût de le faire? Ça aura probablement un impact positif sur les changements climatiques.

 

Même chose pour nos rapports avec les autres. Probablement que nous serons plus tolérants envers les autres. Les écarts sociaux devront être moins grands.

 

Mais ce n’est pas demain la veille qu’on va se serrer la main après la signature d’un contrat. Des voyages d’affaires, des voyages touristiques? C’est certain que ça va changer.

 

Même chose pour l’immigration. La pandémie a mis en lumière un manque flagrant de personnel dans le domaine de la santé. Assurément que l’immigration sera une solution. Il faudra donc revoir nos délais d’approbation des nouveaux arrivants.

 

On parle de plus en plus de s’autosuffire pour nos accessoires médicaux et pour nos aliments, ça amènera de grands changements au niveau manufacturier et production alimentaire.

 

Comme m’a dit Al Gore lors de la Cup 21 à Paris en 2015 : « Les Chinois écrivent le mot CRISE avec deux symboles. L’un d’eux veut dire DANGER, l’autre OPPORTUNITÉ.

 

En effet, je crois que lorsque ce sera passé, nous découvrirons de magnifiques opportunités. »