SUR LA ROUTE : Entrevue avec Marc-André Leclerc (Comment avoir une équipe loyale ?)

Pour cette nouvelle entrevue « Sur la route », Guy Bourgeois, conférencier, formateur, motivateur et Président de Formax reçoit Marc-André Leclerc, nouveau conférencier chez Formax, analyste politique et consultant afin qu’il nous partage ses trucs pour avoir une équipe loyale.

Je reçois aujourd’hui quelqu’un qui me fascine par son parcours. C’est d’abord un athlète – il a effectué la Traversée internationale du lac St-Jean et fait plus d’une vingtaine de marathons de natation à travers le monde – et puis il se retourne vers la politique. Il a été chef du cabinet de l’opposition officielle pendant près d’une dizaine d’années. Vous le voyez à l’occasion à LCN, vous l’entendez à QUB radio, vous le lisez peut-être dans Le Journal de Montréal. Marc-André, bienvenu dans l’équipe Formax ! Parmi les sujets que tu abordes en conférence, il y a la politique canadienne, ta carrière en tant que nageur et l’adversité d’un athlète, mais le sujet qu’on va retenir pour aujourd’hui c’est sur comment bâtir une équipe. Je suis un peu curieux, je suis en business, je collabore avec des gens d’affaires, hommes, femmes, de tous niveaux. On est habitué de parler d’équipe par rapport à la business, parfois au sport aussi, mais quel est le parallèle, les conseils que tu pourrais nous donner par rapport à bâtir une équipe au niveau parlementaire, en politique vs dans une entreprise en général.

Je pense qu’il y a beaucoup de parallèles à faire. C’est certain que la politique, c’est un monde qui est très particulier, un monde qui est très secret parce qu’on entend souvent parler les élus et les ministres, mais on n’entend peu parler les gens qui sont dans les coulisses et ce sont souvent eux qui font une grande partie du travail. Mais, il y a beaucoup de similitude pour quelqu’un qui est dirigeant d’une entreprise ou quelqu’un qui dirige un cabinet.

Par exemple, lorsque j’étais Chef de cabinet du chef de l’opposition, on parlait d’une équipe d’environ 70 à 80 employés, ce qui ressemble beaucoup à la grosseur de nos PME ici. Je pense qu’il faut savoir s’entourer. Un peu comme un dirigeant quand on dirige une équipe, il faut se connaître en premier. Quelles sont nos forces, quelles sont nos faiblesses ? Surtout en politique ! On est entouré de gens qui pensent comme nous.

Lorsqu’on est dans une famille politique, une couleur politique, c’est parce qu’on partage la même vision sur l’avenir, sur les finances, sur la justice. Donc, on a tendance à s’entourer de gens qui nous ressemblent beaucoup et à ne pas se connaître. Je pense que c’est important pour les gens de bien se connaître, de savoir leurs forces et leurs faiblesses et de s’entourer de gens qui vont venir les compléter. Parce que souvent, on va prendre des gens qui nous ressemblent beaucoup et à la fin de la journée, quand nous on a des failles, soit comme Chef de cabinet ou comme PDG d’une entreprise, qui est-ce qui peut venir pallier à ces faiblesses-là ? C’est donc important de bien se connaître et de faire cet exercice de conscience.

Aussi, il y a un grand risque en politique. C’est que, un jour ou l’autre, tu es là et le lendemain tu n’y es plus. Tu peux disparaître soit parce que ton chef ne t’aime plus ou parce que les résultats des élections ne sont pas ceux qu’on attendait. Donc, il y a tout le stress de performer. En politique, c’est un peu différent qu’en entreprise. Une entreprise va se fier à ses États financiers pour connaître ses performances et elle peut le faire quotidiennement ou sur une base hebdomadaire, alors qu’en politique, on a nos bulletins une fois aux quatre ans et ça, ça ne ment pas. Ce sont les électeurs qui ont raison, donc c’est sûr que tout est fait en fonction des fameux sondages et bien entendu des résultats électoraux lors de la campagne électorale.

Quand tu disais que, évidemment, on s’entoure de gens comme nous parce qu’ils ont la même allégeance ou la même vision, n’y a-t-il pas de danger à ce moment-là d’avoir des « yes man » ? C’est-à-dire de gens qui vont approuver tout ce qu’on fait ? Alors qu’en entreprise, on va aller chercher des gens qui pensent différemment. Est-ce présent en politique aussi ?

Tu as parfaitement raison Guy ! C’est ça le danger. Dans le bassin de gens qu’on peut recruter pour former notre équipe, ce sont des gens qui ont une couleur politique, une carte de membre du parti, qui ont été bénévoles sur le terrain, etc. C’est certain que ces gens-là vont emmener des idées nouvelles, mais c’est rare qu’ils vont « brasser le pommier » de tes idées. C’est pour ça que les politiciens font appel à des maisons de sondages, à des consultants, à des boîtes de communication, justement pour amener une lecture nouvelle, pour amener des idées nouvelles. Parce qu’on parle souvent de la fameuse bulle parlementaire, que ce soit à Québec ou à Ottawa, elle est visible. Et, souvent, il faut en sortir de cette bulle-là parce que sinon, nous aurons toujours les mêmes résultats.

C’est intéressant de t’entendre là-dessus parce que, nous, de l’extérieur, on ne voit pas ce qui se passe à l’intérieur. Si tu avais 3 conseils à nous partager que les dirigeants d’entreprise pourraient appliquer pour bien s’entourer ou pour bien bâtir une équipe, quels seraient-ils ?

Mon premier conseil, comme je disais plus tôt, c’est de bien se connaître et de s’entourer de gens qui viennent nous compléter. Et, moi j’ai toujours dit qu’en politique, et je pense que c’est applicable dans le marché du travail, c’est que si on prend le 100% des gens qui travaillent dans le milieu, 40% d’entre eux sont à la bonne place. Ils sont dans le bon domaine, ont le bon emploi, sont sur le bon site, et ils font un travail extraordinaire. Un autre 30% sont dans le bon domaine, sont de bonnes têtes politiques, mais n’ont pas le bon titre, pas le bon rôle dans l’équipe et il vaut mieux revoir leur rôle. Et, il y a un autre 30% des gens qui n’auraient jamais dû venir en politique et qui n’ont surtout pas le bon rôle. Donc avec eux, il faut voir comment on peut les laisser un peu de côté sans faire trop de guerre ou trop de peine à ces personnes-là.

Mon deuxième conseil, c’est d’aller chercher des gens qui sont loyaux. Et ça, il y a une façon de le faire comme dirigeant, comme gestionnaire, comme leader, d’implanter ça dans son équipe. Que beau temps, mauvais temps, il faut se tenir les coudes serrés, il faut se dire les vrais choses. Souvent, les gens ont de la misère à dire ce qui ne va pas.

Mon troisième point se rattache un peu également à la loyauté. Souvent, dans une organisation, on va s’entourer de nos amis, et ça, c’est un risque. Oui, tu veux des gens qui sont loyaux et qui de plus loyaux que tes amis ? Mais, dans quelle catégorie, que je mentionnais plus tôt (40-30-30), rentrent-ils ? Est-ce qu’ils sont à la bonne place ? Est-ce que, parce que c’est ton ami, tu vas lui donner un rôle X, mais il ne devrait pas être dans ce rôle-là ? Donc, il y a toujours un risque d’avoir ses amis dans son entourage.

Dans une organisation d’affaires, on pourrait aussi parler de la famille. C’est normal, lorsque les dirigeants veulent faire de la place à leur enfant ou au conjoint de leur enfant. Mais parfois, les qualifications ne sont pas toujours les bonnes. Il faut se donner du temps, évidemment. Parfois les qualifications peuvent s’améliorer avec le temps. Mais, c’est un danger qui guette tous les dirigeants.

Merci Marc-André pour les excellents conseils que tu viens de nous partager !

Bon succès !

Guy Bourgeois

Découvrez les conférences dans la même thématique

SUR LA ROUTE : Entrevue avec Danièle Henkel (Trois conseils pour réussir en tant qu’entrepreneur)

Pour cette nouvelle entrevue « Sur la route », Guy Bourgeois, conférencier, formateur, motivateur et Président de Formax reçoit Danièle Henkel, nouvelle conférencière chez Formax, auteure et entrepreneure afin qu’elle nous partage ses conseils pour réussir en tant qu’entrepreneur.

Connue, entre autres, pour avoir participé à l’émission Dans l’œil du dragon pendant 5 saisons consécutives, fondatrice des Entreprises Danièle Henkel Inc. et de danielehenkel.tv, Madame Henkel est un modèle pour tous les entrepreneurs et entrepreneures.

ENTREVUE

À chaque mois, dans nos Pep Talk, nous demandons à nos conférenciers de s’exprimer sur leur expertise. Alors, je vais te demander de nous partager tes trois meilleurs conseils que tu donnerais aux nouveaux entrepreneurs pour réussir.

Quand nous sommes passionnés comme la jeunesse, nous sommes pressés. Si je me rappelle comment j’ai commencé, je me disais que je pouvais tout faire et que je le voulais tout de suite. Donc, l’un des premiers conseils que j’aimerais donner aux jeunes entrepreneur(e)s, ce serait de prendre le temps.

J’ai trop souvent entendu dire : « vous savez, j’ai 25 ans, mais je n’ai pas le temps, là. » Et quand je leur dis que j’ai commencé mon entreprise à 44 ans, ils sont étonnés. Ce n’est pas une question de temps, c’est une question de préparation. D’abord, il faut s’assurer de ce qu’on veut et ensuite, d’être certain que c’est vraiment la passion qui nous parle.

Ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas changer en cours de route, ça ne veut pas dire que nos missions ne peuvent pas changer, mais il faut qu’on soit plus ou moins certain qu’on est un véritable entrepreneur. Je pense qu’on ne réalise pas assez souvent les sacrifices que l’on doit faire. On s’imagine que quand on est en affaires, on est multimillionnaire du jour au lendemain. Il n’y a même pas 1% de gens qui arrivent à faire ça. On nous donne à chaque fois comme exemple Google, Apple, Steve Jobs, etc. Arrêtez-moi ça !

Même Steve Jobs a eu des hauts et des bas. On ne connait pas l’histoire des gens et des entrepreneurs.

C’est parce qu’on ne regarde pas en profondeur, on ne voit qu’en surface. On ne voit que le résultat, mais pas le parcours.

Mon deuxième conseil serait de vouloir être accompagné. C’est hyper important d’aller chercher quelques-uns ou quelques-unes mentors. Pourquoi ? Parce qu’il faut d’abord développer l’écoute. Souvent, on n’écoute pas. On est certain d’avoir la bonne idée, on est certain d’avoir tout ce qu’il nous faut et puis on part. Moi, je me dis que c’est la meilleure façon de se « casser la gueule » avant d’arriver. Ça ne veut pas dire qu’on ne va pas tomber quelques fois, mais on n’est pas obligé de tomber fort. Donc, il faut savoir s’entourer, non seulement d’un mentor qui nous écoute et qui va nous diriger, mais il faut aussi savoir aller chercher les professionnels adéquats qui sont un « fit » avec nous. Un comptable, un avocat – parce que quand on démarre une entreprise, on doit être bien structuré – savoir lire aussi des états financiers, savoir s’éduquer sur le plan de la littératie financière. Tu ne peux pas te dire que parce que tu as eu l’idée, quelqu’un d’autre va le faire pour toi. Oui, quelqu’un d’autre va le faire pour toi, mais TU dois poser des questions, tu dois connaître ton entreprise, même s’il n’y a qu’un seul employé ou lorsqu’elle deviendra multinationale. Tu dois comprendre la vibration de ton entreprise à travers les chiffres, mais aussi à travers les gens.

Et, j’ajouterais à ça, de se bâtir un plan d’affaires, n’est-ce pas ?

Absolument ! Il faut être préparé ! L’idée, c’est une chose, le service/le produit c’en est une autre. Comment on va « pitcher » ? Comment on va arriver à embarquer quelqu’un qui va nous financer ou quelqu’un pour nous accompagner ou recruter des employés ? Qu’est-ce que je vais leur dire pour qu’ils viennent avec moi ? Ce sera parfois la passion ou parfois le fait que j’ai vraiment effectué mes recherches pour y arriver.

Et, de grâce, un peu d’humilité ! (rires)

Ça dépend peut-être des personnalités, mais je crois que les entrepreneurs, lorsqu’ils ont des revers, à un moment donné l’humilité embarque.

En bonus, si je peux donner une autre suggestion basée sur mon expérience, ce serait d’avoir du plaisir ! Si vous commencer à ne pas dormir la nuit, à être bougonneux, à commencer à envoyer paître les personnes qui vous aiment parce que vous manquez de patience, ce n’est pas la bonne chose à faire. Sachez que dans les moments les pires, les seules personnes qui seront encore à vos côtés, ce sont celles qui vous aiment vraiment. Alors, pensez-y. Continuez à avoir du plaisir et faites attention à ça ! La santé mentale et la santé physique sont les choses les plus importantes. On est entrepreneur, c’est une vocation, mais justement, on doit prendre soin de nous. [Notre corps], c’est la monture qui va nous emmener là où on veut aller !

Danièle Henkel, merci infiniment pour ces conseils ! Je souhaite, autant que toi, qu’il y ait de plus en plus de jeunes qui décident d’embrasser la carrière d’entrepreneur, avec les risques et les avantages que ça a. J’espère que ton message d’aujourd’hui aidera les gens à se lancer !

Bon succès !

Guy Bourgeois

Découvrez les conférences dans la même thématique

SUR LA ROUTE : Entrevue avec Bryan Perro (Vers un retour à la normal)

Pour cette nouvelle entrevue « Sur la route », Guy Bourgeois, conférencier, formateur, motivateur et Président de Formax reçoit Bryan Perro, conférencier chez Formax, auteur et metteur en scène pour discuter de son attitude face au retour à la vie normale.

ENTREVUE

Nous sommes en juillet 2021, on vient tous de passer un 15-16 mois que personne n’aurait pu prévoir. Tu es dans le domaine de la littérature, mais aussi du spectacle. L’année dernière a été difficile pour l’industrie et cette année, ça reprend lentement. J’aimerais que tu me parles de l’attitude que tu as prise pour te relever. Comment vois-tu la suite pour repartir la machine ?

Souvent, on dit qu’on a des échecs. Pour moi, tout s’est effondré. Tout ce qui est spectacle. La littérature a maintenu le coup et les ventes ont même remonté, mais côté spectacle, tout s’est arrêté. Moi, je suis en communication avec la Chine pour y vendre des shows. J’ai tout perdu : l’amorce de contrats, les contacts que j’avais faits (je suis allé 3 fois en Chine). Je voulais me reprendre ici au Québec, mais la pandémie en a décidé autrement. Tout est tombé.

Alors, comment on se remet de ça ? Moi, j’ai été contrarié durant toute l’année 2020. La difficulté a été de combattre cette contrariété-là malgré l’incertitude et les constants changements aux règles. On tombe en zone jaune, on tombe en zone orange, on tombe en zone rouge… Les shows qu’on avait planifiés; on les recommençait, on arrêtait, on annulait, on changeait les dates…

Et là, comment ça repart ? Ça repart avec la sagesse de savoir ce que c’est. On a une nouvelle conscience de la chance qu’on a d’avoir des spectacles et qu’on pensait que cette vie-là était acquise et qu’on avait cette liberté-là, et aussi qu’on avait ce choix-là dans la vie de voir des shows quand ça nous tentait. Ça a prouvé que la culture, c’était quelque chose d’essentiel à l’être humain et aussi que c’est une industrie importante. Ça, c’est le côté positif. On s’est rendu compte que la culture rapportait de l’argent. Pas de culture, pas de restaurants, pas de touristes. On ne visite pas Paris pour la qualité de ses installations pétrochimiques, on la visite pour sa culture.

Alors, comment on aborde ça ? Moi, j’aborde ça avec calme (rires). On ne s’excite pas. Tout recommence lentement. On recommence à vendre des billets pour les spectacles pour l’automne. On reprend lentement en se disant que, d’après nous, en janvier ça devrait être correct. Mais là, alors qu’on était optimiste en mars 2020, lorsqu’on se disait « Ça va durer 3 semaines et ça va reprendre », aujourd’hui on est plus sage et on apprécie chaque chose que l’on fait, alors que tout ça c’était du quotidien.

Vous êtes-vous fait un genre de plan pour la reprise ou bien si vous vous êtes dit, on y va selon le quotidien ?

Ce n’est pas un plan, c’est dix plans. Avec le variant indien, la vaccination, etc. On ne sait pas. On se dit : ok, s’il y a un retour cet été, on sait qu’on a tant de monde; à l’automne, s’ils nous le permettent, on sait qu’on va faire ça; s’ils nous permettent ça, on va faire ça… Si on revient à la normale d’un coup, là bien, ok, on pourrait faire ça. Alors là, on a dix plans. Et là, on essaie de voir où s’en va le bateau.

Mon cousin est pilote sur un paquebot. Il m’a dit « Bryan, sur un paquebot, la décision de prendre à droite ou à gauche, tu dois la prendre un kilomètre d’avance. » Parce que ça ne tourne pas sur un 10 sous.

Nous, on n’a plus ce kilomètre-là pour prévoir d’avance notre programmation, alors on s’est dit : parfait, on embarque sur un plus petit bateau. Il faut se donner les ressources pour pouvoir changer de bord vite et s’adapter rapidement au courant. Donc toutes les équipes, tout le monde s’est adapté au courant.

En conclusion, qu’est-ce que tu penses que vous allez retenir de tout ça après la pandémie ? Qu’est-ce que ça va avoir changé ?

Ce que nous allons retenir, c’est que le monde artistique est un monde fragile, que les artistes sont indispensables, mais qu’ils ont un statut précaire. Il faut absolument revoir ce statut-là pour faire en sorte qu’ils puissent avoir des bonnes conditions de travail, puisqu’ils sont la base de l’industrie de la culture. Sans le chanteur, sans l’écrivain, sans l’artiste, il n’y en a plus d’industrie. Il faut absolument revoir le statut de l’artiste correctement pour pouvoir faire en sorte que leur travail soit pérennisé quoiqu’il arrive.

On va aussi retenir qu’on a une chance immense et qu’on ne s’en rendait pas compte. On a la chance de vivre dans un monde où il est possible de tout faire. Et quand on est privé de ça, l’être humain a des comportements « bin » étranges parfois (rires).

Bryan Perro, je te remercie infiniment pour ces petits mots d’encouragement. Et on vous souhaite un été extraordinaire et que tous vos plans se mettent en action.

Bon succès !

Guy Bourgeois

Découvrez les conférences dans la même thématique

SUR LA ROUTE : Entrevue avec Jean-Marc Généreux (Le facteur chance)

Pour cette nouvelle entrevue « Sur la route », je reçois Jean-Marc Généreux, conférencier chez Formax, ex-danseur, chorégraphe et co-animateur de jeux télévisés. Ensemble, nous discutons du facteur chance.

Tout juste de retour de Paris, Jean-Marc était bien heureux d’avoir pu à nouveau pratiquer son métier qu’il adore.

Champion de danse Ballroom, Jean-Marc est principalement connu au Québec pour l’émission Révolution, au Canada pour So you think you can dance Canada et en France pour Danse avec les stars. Il a également récemment édité un livre autobiographique et vient tout juste de se joindre à l’équipe de Fort Boyard.

ENTREVUE

Tu as vécu des périodes difficiles dans ta vie qui t’ont toujours ramené à la base. Peux-tu nous parler du facteur de la « chance » sur la réussite d’une carrière ?

Je pense que la chance est toujours présente dans notre vie, mais parfois, elle est dissimulée derrière une porte qu’il faut aller cogner. D’autres fois, elle est derrière une personne en train de discuter avec une autre personne. La chance, elle est là, mais moi je suis de la confession des gens qui vont chercher leur chance. Je sais qu’elle est là.

Ça fait un peu cliché de dire « on récolte ce que l’on sème », mais ce qui m’a porté chance dans ma vie, ce sont les gestes que j’ai posés. Ça fait un peu drôle de parler d’un danseur qui fait des gestes, parce que c’est mon métier de faire des gestes, mais on peut dire aujourd’hui que je suis un ex-danseur. J’aimerais retourner sur un parquet de compétitions et danser, avoir un numéro de dans le dos, mais ça, ça fait partie d’une autre partie de ma vie. J’en suis fier, mais aujourd’hui je cherche d’autres opportunités, d’autres chances. Ces chances-là, c’est dans l’animation, dans la présentation, c’est être acteur ou aussi de me livrer dans un livre comme j’en ai fait l’exercice récemment.

Je pense que le mot d’ordre c’est que la chance, elle est là. Il ne faut pas hésiter à aller cogner à une porte, à interagir avec quelqu’un, à poser des questions. Je pense que la curiosité et se mettre un peu à l’avant, ce n’est pas une mauvaise chose.

Tu sais Jean-Marc, je ne sais pas si tu t’en rappelles, il y a 6-7 ans, on se connaissait moins que maintenant, mais on s’était croisé dans un hôtel à Montréal et tu m’avais dit « Guy, moi j’ai tellement d’opportunités dans ma vie. Je suis un peu comme dans une cabine téléphonique, comme dans les jeux télévisés, et les opportunités tournent autour de moi, et je dois en attraper le plus possible. » Ça c’était à une époque et probablement que c’est encore comme ça, mais est-ce qu’il y a eu un moment dans ta vie où il y a eu moins d’opportunités, moins de chance et où tu étais un peu plus découragé ?

Oui. Je pense que tout le monde a eu à faire face à la COVID-19 de façon différente. Pour certains, ça a été merveilleux, et pour d’autres, ça a été plutôt difficile. Je fais partie de ceux qui ont du se réinventer.

C’est vrai que j’étais sur un filon et l’image de la machine où les opportunités sont là et où je les attrape, c’est sûr que bizarrement, la machine s’est arrêtée et peu d’opportunités se présentaient. Mais, c’est là où j’ai pris le temps d’écrire mon livre. Je me suis dit « Ok, je ne peux plus faire de chorégraphies, je ne peux plus danser, les émissions que j’animais ne sont plus là »…

Pour ceux qui me connaissent, j’ai une petite fille qui est lourdement handicapée, Francesca, et qui est avec nous à la maison. Donc, ce n’est pas que je n’avais rien à faire. Je pouvais participer aux choses essentielles de ma famille. Mais au niveau professionnel, j’étais à zéro. Je vais te confier que la Covid, ça m’a tellement perturbé parce que les gens disaient qu’on ne pouvait plus danser les uns avec les autres et j’avais donc l’impression que j’étais quelqu’un qui pouvait donner la covid à quelqu’un ou que je pouvais mettre les gens dans une situation propice à attraper la Covid.

J’avais perdu toute la légitimité de mon métier et l’énergie que j’avais et je me suis remis en question. Je me suis finalement posé une question importante : « pour qui est-ce que je suis là ? » J’étais là pour ma femme, pour ma fille, pour mon fils et au niveau professionnel il me restait une voie.

Cette voie, c’était celle du crayon. Donc, j’ai pris mon crayon et j’ai écrit comment je me sentais pour aider d’autres personnes et, bizarrement, cette petite chose là a jeté de l’énergie positive dans l’air et je me suis retrouvé à devenir animateur pour la première fois sur une grosse chaîne de télévision en France. Je suis devenu animateur de Spectaculaire sur France 2. Ça m’est tombé dessus quand j’ai fini d’écrire la dernière phrase de mon livre.

D’être positif, d’envoyer cette énergie-là dans l’espace, de ne pas m’apitoyer sur mon sort, ce que j’avais déjà fait pendant deux ou trois semaines, mais je me suis sorti de là en écrivant. Ça a été une thérapie, une façon d’extérioriser cette peine là que j’avais en dedans de moi, mais ça ne voulait pas dire que je n’étais pas utile. Les circonstances nous amenaient à nous remettre en question, mais aujourd’hui, je suis hyper content !

Jean-Marc, tu viens encore de prouver ce que tu racontais il y a trois minutes, tu as cogné à une porte – tu t’es mis à écrire au lieu de te décourager – et ça t’a amené une nouvelle chance. Je suis de ceux qui croient que « action = réaction », mais la réaction ne vient pas toujours de l’endroit où l’action a été posée. Je veux te remercier pour cette phrase là que tu m’as dite il y a quelques années sur la machine à opportunités. Moi, c’est une image qui m’est restée dans la tête et que je me repasse régulièrement. Dans ce sens-là, je te remercie énormément.

Pour les gens en Europe, vous pourrez voir Jean-Marc dans Spectaculaire, et au Québec, Révolution sera de retour à l’automne. Son livre Au rythme de mes amours est en vente partout.

Jean-Marc, merci infiniment d’avoir participé à cette entrevue et on se revoit bientôt.

Bon succès !

Guy Bourgeois

Découvrez les conférences ayant pour thématique : le facteur chance

SUR LA ROUTE : Entrevue avec Michel Villa (Évitez vos biais comportementaux négatifs)

Pour cette nouvelle entrevue SUR LA ROUTE, je reçois Michel Villa, conférencier chez Formax et spécialiste de la finance et de la bourse, ainsi qu’auteur du best-seller « Pile et face ». il nous parle ici des biais comportementaux négatifs.

Son métier ? Enseigner aux investisseurs comment prendre de bonnes décisions d’investissement. Pas nécessairement au niveau des chiffres, des bilans et des plans d’affaires, mais plutôt au niveau des « biais comportementaux ».

Explication : Il est midi et vous vous dites que vous devez manger, mais dans les faits, vous n’avez pas faim. C’est un biais comportemental de penser que vous devez manger alors que vous n’avez pas faim. Notre esprit est rempli de biais comportementaux qui nous guident souvent de façon erronée.

Selon lui, en bourse, nos biais comportementaux nous amènent souvent à prendre de mauvaises décisions.

Vous voulez en savoir plus sur ces biais comportementaux? Regardez cette vidéo avec Michel Villa.

Bon succès!

Guy Bourgeois

Découvrez les conférences ayant pour thématique : les biais comportementaux

SUR LA ROUTE : Entrevue avec Nancy Audet (Comment un enfant de la DPJ est devenu journaliste vedette dans les médias?)

Ce n’est pas tous les jours qu’on rencontre un adulte qui a été « enfant de DPJ »! En fait, probablement qu’on en rencontre souvent et qu’on ne le sait même pas. C’est le cas de mon invitée d’aujourd’hui, Nancy Audet. Elle est une enfant de la DPJ et elle l’a caché, jusqu’à tout récemment.

Vous la connaissez! Vous l’avez vue à la télé. Que ce soit à SRC, TVA ou TVA Sport. Vous l’avez vue aux Jeux olympiques et vous l’avez vu rencontrer et interviewer les grands athlètes de ce monde.

Jamais vous ne vous seriez douté que Nancy est une enfant de la DPJ. Dans son village de l’Abitibi, toute jeune, elle a été abandonnée par sa mère et hébergée en famille d’accueil. À l’instar de plusieurs enfants de la DPJ, elle a connu l’humiliation, les abus et le rejet. Il est impossible que ça ne laisse pas de traces.

Dans son livre qui vient de paraître, « Plus jamais la honte », elle relate avec véracité et émotion son long parcours de vie rempli de rechutes et de résurrections.

Malgré cela, elle est aujourd’hui une femme et une maman épanouie qui s’accomplit pleinement, autant personnellement que professionnellement.

Je lui ai demandé comment elle a fait pour se sortir de cette situation? Sa réponse est toute simple et puissante à la fois : Accepter la main tendue.

À plusieurs reprises, des gens lui ont tendu la main pour l’aider, mais son manque de confiance envers les adultes lui faisait refuser ces mains tendues.

C’est grâce à son rêve de devenir journaliste qu’elle a fini par accepter ces mains tendues. Tantôt d’une famille d’accueil, tantôt d’un patron qui voyait en elle une étincelle de succès, elle a, non sans effort, réalisé son rêve d’enfant.

Lorsqu’on lui parle de sa « résilience », elle parle plutôt de « résistance ». La résistance de ne PAS ACCEPTER son enfance comme étant une fatalité et un chemin de vie permanent et la résilience de devenir ce qu’elle est devenue.

Merci beaucoup Nancy !

Guy Bourgeois

Découvrez les conférences ayant pour thématique : la résilience et le dépassement personnel

SUR LA ROUTE : Entrevue avec Stéphane Auger (Comment prendre des décisions?)

Aujourd’hui je m’entretiens avec l’ex arbitre de la Ligue nationale Monsieur Stéphane Auger. Stéphane Auger est l’un des rares québécois à avoir gravi les échelons et devenir arbitre dans la Ligue nationale. Dans sa carrière, il a arbitré 739 parties sur 15 ans. C’est tout un accomplissement.

Aujourd’hui, j’ai 4 questions à te poser sur la prise de décisions. On sait qu’on vit dans un monde ou les décideurs, que ce soit les Premiers Ministre, les chefs d’entreprise et même nous au quotidien, on doit prendre des décisions qu’on a jamais prise à cause de la covid. On aimerait avoir des conseils pour nous aider à prendre des décisions.

Premièrement, qu’est-ce qui fait qu’un être humain a peur de prendre des décisions?

Selon lui, c’est l’impact que ça a sur les autres et les différentes circonstances qui font que les décisions sont difficiles à prendre. En tant qu’arbitre dans la Ligue nationale de hockey, notamment, il peut changer le cours d’une partie en donnant des punitions, il peut même modifier la carrière d’un joueur en donnant une punition.

Évidemment, au niveau du monde du travail, l’impact d’une décision est peut-être différente mais il n’en demeure pas moins que toutes les décisions, petites ou grandes, ont un impact sur les autres.

Est-ce qu’il y a des trucs ou des conseils pour vous aider à prendre des décisions?

Le meilleur conseil que je pourrais vous donner est bien sûr d’être préparé. Dans le cas du sport, je dois regarder les adversaires qui vont s’affronter, voir leurs styles de jeux et connaitre le type d’entraineurs et de joueurs en présence. Je dois aussi connaitre le livre de règlement par cœur.

Dans le monde des affaires, ça va être la même chose. Regarder, observer, consulter, réfléchir et prendre le temps de prendre la décision. Il n’y a jamais de décision parfaite mais lorsqu’on est bien préparé à prendre une décision, bah on risque moins de se tromper.

Que faire lorsqu’on se rend compte qu’on a pris une mauvaise décision?

Premièrement, en prendre acte et parfois même faire preuve d’humilité. En ce qui me concerne il m’est arrivé d’en prendre des mauvaises. Des fois même, c’est en levant le bras que je sais que j’ai pris une mauvaise décision, mais c’est trop tard.

Dans ce cas-là, il faut être capable d’aller voir les entraîneurs à la fin de la période ou du match et de leur dire : j’ai mal jugé ça, j’ai mal vu, j’étais mal placé, je m’excuse!

Ça ne règle pas la situation, mais tu gardes le respect avec les intervenants. N’importe qui, qui s’excuse et qui assume le fait de s’être trompé va toujours continuer à garder la confiance de ses interlocuteurs. Donc la meilleure chose à faire lorsqu’on a pris une mauvaise décision c’est de s’excuser et de continuer à s’améliorer.

Merci beaucoup Stéphane Auger pour tes précieux conseils qui, dans cette période d’incertitude, aiderons surement beaucoup de gestionnaires à prendre les meilleures décisions.

Bon succès!

Guy Bourgeois

Découvrez les conférences ayant pour thématique : la prise de décision

SUR LA ROUTE : Entrevue avec Danielle Danault (Vers plus de femmes entrepreneurs)

​En prévision de la journée de la femme (8 mars), j’ai demandé à Danielle Danault, fondatrice et présidente de Cardio Plein Air, pourquoi il n’y a pas plus de femmes entrepreneurs

Qu’est-ce que tu penses que ça prend pour que plus de femmes deviennent entrepreneurs?

Il faut mettre de l’avant encore plus le succès des femmes en affaires pour démontrer aux jeunes femmes que c’est possible. Le palmarès des 110 meilleures femmes d’affaires du Magazine premières en affaires est très inspirant et démontre qu’une femme peut être à la tête d’une entreprise grande ou petite. Dans la presse, on devrait lire autant de reportages sur les femmes qui réussissent en affaire que sur les hommes. Les programmes d’aide aux femmes entrepreneures sont de plus en plus présents mais souvent les femmes ne les connaissent pas.

​Pourquoi certaines hésitent? En savoir plus

SUR LA ROUTE : Entrevue avec Jocelyne Cazin (Je choisis la vie)

Ce mois-ci, dans le cadre du PepTalk sur la route, nous rencontrons une dame que vous connaissez bien. Même si on la voit un petit peu moins souvent qu’auparavant, elle demeure tout de même très active, de par les livres qu’elle a écrits et ses nombreuses animations et conférences.

Je vous parle évidemment de Madame Jocelyne Cazin. En savoir plus

SUR LA ROUTE : Entrevue avec Léon Courville (Piloter dans la tempête)

Entrevue avec Léon Courville : Piloter dans la tempête

Ce mois-ci, j’ai le privilège de m’entretenir avec une sommité dans plusieurs domaines et ce, sur une période de plus de 40 ans.

Les plus âgés se rappelleront de lui comme un enseignant en finances aux HEC. D’autres, un peu plus jeunes, comme président de la Banque Nationale. Et finalement, les plus jeunes le connaissent surtout en tant que Léon Courville Vigneron puisqu’il a tout abandonné pour faire son propre vin en 2000. Il est l’un des pionniers de la viniculture au Québec et le temps lui a donné raison. En savoir plus