Guy – Allons-y là-dessus. Tu as fait beaucoup de voyages, tu disais tantôt avoir visité 125 pays. Quel est le plus beau voyage, le plus mémorable? Celui qui te vient en tête?
Denis – Oh, il y en a plusieurs.
Disons LE voyage.
Denis – La Polynésie française. C’est extraordinaire. Tahiti, c’est bien, bien proche du paradis. Du moins, la définition qu’on se fait du paradis. Le monde est fin, la bouffe est bonne, l’eau est belle, c’est magnifique.
Guy – On va garder ça en tête pour un prochain voyage.
Denis – Veux-tu savoir le pire?
Guy – Ah, aweille donc! Vas-y avec le pire, si ça se dit. (rires)
Denis – La Corée du Nord.
Guy – Ouais, j’avais déjà lu là-dessus. Tu es allé là? Oui, mais le pire… en même temps, tu as fait des découvertes?
Denis – Oui, tu fais des découvertes, mais c’est comme si tu allais dans un tout inclus où il n’y a pas de piscine, pas d’activités, pas de restaurant, pas de bar. Et tu ne peux pas sortir dans la rue. Tu es comme dans une prison. C’est ridicule. Vraiment ridicule.
Guy – Et il y a des militaires à toutes les portes.
Denis – Oui, il y a des militaires. À 6 h du matin, il y a une musique qui part avec des speakers dans les rues : « Levez-vous, les amis, puis faites la révolution. Allez travailler ».
Guy – Bon, peut-être une question du même genre, mais chez les gens : qu’est-ce qui te déplaît le plus chez les gens?
Denis – Je pense que c’est la fainéantise. La paresse. Les « pourquoi je ferais ça, moi? ». Les gens qui ne se définissent pas dans l’action. Ça, ça m’irrite.
Guy – Et évidemment, c’est à l’opposé de toi, il n’y a pas de doute là-dessus.
Denis – C’est sûr que c’est toujours un peu à l’opposé. Mais souvent, on dit qu’on reproche aux autres une partie de soi-même avec laquelle on n’est pas capable de composer. Mais je ne suis pas fainéant. J’aime ça ne rien faire, ce n’est pas pareil, hein? (rires)
Guy – Mais ne rien faire et te promener avec ton chien parmi les arbres, ce n’est pas pareil. (rires)
Denis – Juste rester assis et lire un livre. J’ai toutes sortes de places dans la maison, dépendamment des lectures que je fais. Les romans policiers, c’est dans tel sofa; les magazines, c’est dans tel sofa; les livres d’histoire…
Guy – À côté des post-it! (rires)
Denis – Exactement. Mais ça, ce n’est pas « rien faire ». Ou oui, c’est rien faire, mais… c’est plutôt quand quelqu’un fait les choses lâchement.
Guy – Ça, ça te tombe sur les nerfs. On peut comprendre!