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Ça nous intéresse… Entrevue avec Ray Lalonde

Dans cette entrevue, découvrez Ray Lalonde sous un autre angle. De son enfance à Trois-Rivières à ses premières passions pour le sport, de son admiration pour Jean Béliveau à son parcours professionnel à travers le monde du sport, Ray raconte comment il est passé de joueur à administrateur et spécialiste du marketing sportif. Il partage aussi ses valeurs, l’importance de la famille, son engagement envers les jeunes et les animaux, et ce qui continue de le motiver au quotidien. Une conversation authentique sur la passion, le dépassement et le sens qu’il donne à sa vie, tant professionnelle que personnelle. Ça nous intéresse! Et vous?

ENTREVUE

Le sport, 12 mois par année

Guy — Bonjour chers abonnés à l’infolettre de Formax.

Aujourd’hui, je vous présente une personne que plusieurs d’entre vous connaissent sûrement, puisqu’on le voit régulièrement dans les émissions sportives, comme chroniqueur et commentateur sur le business du sport, à RDS, à RDI, et même à l’occasion lors de grands événements, comme le Super Bowl qui arrive dans quelques jours.

C’est ce qui nous a donné envie d’inviter Ray Lalonde.

Alors, bonjour Ray.

Ray — Salut Guy.

Guy — Ça va bien?

Ray — Ça va très bien, merci. Et toi?

Guy — Très bien aussi. Écoute, tu es dans une période occupée ces temps-ci avec le Super Bowl : le coût des publicités aux États-Unis, au Canada, etc. Il y a toujours quelque chose d’intéressant à dire là-dessus.

Ray — Absolument. Le sport, aujourd’hui, en 2026, c’est douze mois par année. C’est accessible à tous. Il n’y a plus vraiment de frontières ni de barrières qui nous empêchent de savoir ce qui se passe ailleurs, dans d’autres fuseaux horaires, par exemple en Australie pour le tennis.

Littéralement, le consommateur moyen a aujourd’hui accès à tout, quand il veut, sur demande. Et ça ne fait qu’alimenter la passion du sport chez les amateurs.

Guy — En 2026, il y a la Coupe du monde, les Jeux olympiques dans quelques semaines… ça ne finit plus, comme on dit, pour le plus grand plaisir des amateurs de sport à travers le monde.

Ray — Absolument, oui.

Derrière le commentateur – Les origines et l’enfance

Guy — Ray, les gens te connaissent beaucoup pour ton rôle de chroniqueur et d’analyste. Mais on connaît un peu moins qui est la personne derrière tout ça.

On voit quelqu’un de bien articulé, sûr de lui, qui maîtrise l’administration du sport, qui a travaillé pour le Canadien et avec plusieurs organisations sportives à travers le monde.

Mais si on va un peu plus personnel, avec notre formule « Ça nous intéresse », tu es natif d’où, toi, Ray?

Ray — Je suis natif du Manitoba.

Quand j’étais jeune, mes parents ont déménagé au Québec, à Trois-Rivières. J’étais encore très jeune à ce moment-là. C’est là que j’ai passé mon enfance, puis mon adolescence, à l’école, et surtout dans une participation sportive très variée.

Il n’y avait pas un sport qui se jouait que je ne pratiquais pas. Une saison suivait l’autre, et c’est un peu de là qu’est venue cette passion profonde pour le sport, à tous les niveaux.

Quand j’étais jeune, j’étais comme beaucoup de jeunes Québécois et Canadiens : je voulais jouer dans le sport professionnel. Mon idole, quand j’étais très jeune avec les Canadiens, c’était Jean Béliveau.

Je trouvais qu’il symbolisait l’idole d’un peuple : un grand joueur, un héros sportif, quelqu’un qui nous faisait vivre des moments de frénésie et de fébrilité.

Puis, évidemment, quand j’ai travaillé avec les Canadiens pendant dix ans, j’ai eu l’occasion de me rapprocher de Jean Béliveau sur le plan personnel.

On est devenus de bons amis. C’était quelqu’un de très spécial. Il a toujours été, pour moi, un modèle à suivre en matière de modestie, de professionnalisme et de sérieux.

Même la façon dont il signait ses autographes était réfléchie : il s’assurait toujours que les gens puissent bien les lire. La façon aussi dont il répondait à chacune des lettres qu’il recevait.

À l’époque, il recevait surtout du courrier papier, pas des courriels.

Il descendait parfois de son bureau, du septième étage au troisième, avec une boîte pleine de lettres. Des lettres de gens qui voulaient le remercier pour ce qu’il avait fait dans leur vie, directement ou indirectement.

Il apportait cette boîte dans mon bureau, puis il s’installait parfois dans notre salle de conférence pour répondre lui-même, à la main, à chacune de ces lettres.

Pour lui, chaque lettre méritait une réponse.

C’était un exemple incroyable de grâce, de finesse et de gentillesse.

Quand tu passes des années avec des personnes comme ça, même plus tard dans ta vie, ça laisse des marques. Ça laisse des traces.

Le soutien familial et les premières influences

Si je retourne à mon enfance à Trois-Rivières, mes parents ont toujours soutenu mes ambitions sportives.

Ils ont encouragé ma participation, même si on était une famille très modeste. École publique, puis le séminaire Saint-Joseph à Trois-Rivières.

Dans une vie, tu rencontres parfois deux ou trois mentors à des moments très critiques. Pour moi, ça a commencé là.

Je jouais au football avec une équipe qui était presque mythique à l’époque. On gagnait le championnat provincial presque chaque année.

C’était un véritable bastion du football scolaire.

Guy — Ray, je suis curieux : quelle position tu jouais au football?

Ray — J’étais receveur de passes.

Je voulais avoir le ballon dans mes mains le plus souvent possible pendant un match, évidemment. Je n’avais pas nécessairement un grand gabarit, mais j’avais de bonnes mains et un peu de vitesse, ce qui me permettait de bien contribuer.

Je passais mes journées à rêver de sport, à en manger.

Mais, ironiquement, je n’ai jamais vraiment eu un sport préféré.

J’ai joué au hockey quand j’étais jeune, au baseball, au basketball. Je faisais du ski, du tennis, du golf. Je voulais pratiquer tous les sports possibles.

Il n’y en a jamais eu un qui prenait le dessus sur les autres.

Même aujourd’hui, malgré mon parcours professionnel, je ne peux pas dire que je suis plus fan de hockey que de tennis, de golf ou de football. J’aime autant le baseball que le football.

Pour moi, cette polyvalence est une particularité importante. Elle m’a permis de mieux comprendre ce que je fais aujourd’hui : analyser et décortiquer l’industrie du sport.

De la passion à la profession – Le marketing sportif

Guy – Le business du sport ! Quand tu étais jeune, tu disais que tu rêvais et que tu en mangeais du sport, mais probablement que la profession que tu exerces aujourd’hui n’existait pas vraiment à l’époque, n’est-ce pas ?

Tu devais rêver de devenir sportif. Qu’est-ce qui t’a fait bifurquer vers les études et te dire : « Je vais devenir spécialiste en marketing du sport » ? Y a-t-il eu un moment précis où ça a changé ?

Ray – Bien, tu as bien résumé la situation. J’ai toujours été curieux, enthousiaste et passionné. Je pense que ça se reflète aujourd’hui quand je rencontre des clients d’affaires, que ce soit pour offrir une conférence et lier le sport à leur industrie, ou pour travailler avec des équipes et des employés.

Pour moi, c’est une façon de propager cet amour du sport. Parce que le sport, c’est unique en son genre.

Il crée un lien émotionnel qu’on ne retrouve dans aucune autre industrie. Ce sont des moments vécus en direct, en vrai. Je n’ai rien contre le cinéma ou Hollywood, mais c’est différent : le sport marque l’histoire.

Je me considère comme un vendeur de sport, parce que je pense que les gens peuvent bénéficier du sport, que ce soit pour rester en forme, pour consommer, pour commercialiser, ou pour envisager une carrière future.

Une carrière ouverte à toutes les options

Le sport offre tellement de possibilités.

La semaine prochaine, je vais à l’Université Concordia. Depuis quatorze ans, ils m’invitent à parler aux étudiants pour les aider à orienter leur choix de carrière dans le sport.

Souvent, ils se disent : « Mais je ne suis pas un athlète, je peux quand même travailler dans le sport ? » Absolument ! Tu peux être comptable, avocat, opérateur, ingénieur… et avoir une carrière dans le sport.

C’est la beauté de ce domaine : on peut combiner sa spécialité, ses études et sa passion.

Beaucoup de gens viennent me voir à 55 ans, après des carrières longues dans d’autres domaines, et me demandent : « Je voudrais travailler dans le sport, par où commencer ? »

Le sport procure cette passion que tu ne trouves nulle part ailleurs.

Du joueur à l’administrateur – Une vision stratégique

Guy – Exactement. Ça touche tout le monde. Et c’est vrai dans le monde des conférences : peu importe le type d’entreprise, tout le monde peut faire un parallèle entre sport et business : vouloir gagner, se dépasser, se relever après un échec… Les liens sont évidents.

Ray – Quand j’étais à Trois-Rivières, mon ambition était de jouer pour les Canadiens. J’avais un talent correct au hockey, mais pas extraordinaire.

Alors j’ai essayé le football. Je voulais jouer dans la NFL… pas tout à fait assez bon. Je suis allé à McGill et j’ai joué au niveau universitaire. Ça s’est bien passé, mais encore une fois, pas suffisant pour atteindre la NFL.

Alors j’ai décidé : si je ne peux pas jouer, je vais gérer le sport, administrer, faire partie des équipes, occuper un poste décisionnel, aspirer à plus… peut-être un jour devenir commissaire de sport.

C’était ambitieux, mais j’ai eu la chance d’avoir des mentors et des opportunités. J’ai été attentif, curieux et tenace. Cela m’a permis de franchir des étapes et d’accéder à différents postes, dans différentes ligues autour du monde.

J’étais très ouvert. Peu importe le lieu, peu importe le pays. Si quelque chose me donnait envie de réussir et que je voyais que je pouvais contribuer, j’y allais.

Aujourd’hui, quand je repense à ce parcours, je me dis que c’était génial… mais j’ai encore des ambitions personnelles et professionnelles.

La famille et l’importance du rôle parental

Guy – Tu as étudié aux États-Unis, Ray, et tes fils aussi, je crois ?

Ray – Oui. Mes deux fils ont joué au hockey universitaire aux États-Unis. L’un est encore au Minnesota, l’autre à Saint-Louis.

J’ai eu des parents très présents, malgré des moyens modestes. Ils venaient à mes matchs, me conduisaient aux entraînements… C’est le genre de soutien qui fait une différence.

Puis moi, j’ai toujours cru que c’est important, particulièrement aujourd’hui-là – mon plus vieux a 25 ans – que le rôle du parent est encore plus déterminant et critique que jamais. J’essaie d’insérer des ficelles comme ça quand j’ai un groupe de gens devant moi en affaires pour rattacher tout ça à l’aspect humanitaire.

Quand tu prends un peu d’expérience et d’expertise, il y a une chose que tu fais mieux, c’est que tu corriges ton chemin, tu minimises les erreurs, tu ne répètes pas tes gaffes de plus jeune, puis tu as plus de perspective et de contexte, ce qui te donne quelque chose sur lequel tu peux t’appuyer pour continuer d’évoluer toi-même comme individu. Moi c’est via le sport, puis via mon groupe restreint autour de moi.

Mais je pense que le rôle d’un parent aujourd’hui est tellement plus important parce que c’est tellement plus compliqué la vie des jeunes aujourd’hui que ça l’était il y a 20 ans, 30 ans, à cause de la technologie qui accélère. Ça complique les choses pour les jeunes. Ils ont un manque de cette affinité humaine là. Et puis donc mes causes, pour moi, ce sont toujours des causes qui sont en lien avec aider les jeunes, redonner au suivant. Je réponds à tous mes messages de gens qui m’envoient toutes sortes de correspondances, peu importe la teneur. Je leur donne une réponse parce que pour moi, quand j’avais des questions à des gens, ils me répondaient. Je pense que c’est le minimum que je dois faire.

Et ma cause principale dans tout ça, c’est complètement à part. C’est la cause animale parce que je me dis qu’il n’y a rien comme comprendre qu’est-ce que c’est d’être exposé à la croissance humaine, à l’évolution de la société, à la surpopulation quand tu es un animal puis que tu essaies juste d’exister, puis d’être adopté, puis de trouver une famille permanente ou de vivre en milieu sauvage, puis que les humains viennent interférer avec ça tout le temps. Ça, ça me touche fondamentalement.

Tu sais, je reste dans le sport autant qu’avant. Je suis aussi impliqué. J’ai le nez pour faire de la technologie et je veux aller là-dedans. Mais il y a une affaire qui est sans contredit fondamentale, c’est de bien veiller sur les animaux. Pour moi, ça fait partie de l’aspect humanitaire que j’ai mentionné plus tôt.

Loisirs et équilibre de vie

Guy – Ray, on savait déjà que tu es un passionné de sport, mais qu’en est-il de tes loisirs ? Quand tu veux décompresser et relaxer, que fais-tu ?

Ray – Je marche avec mes chiens.

Je m’occupe d’animaux en difficulté depuis plus de 30 ans : seniors, malades, abandonnés. Ce sont eux que j’adopte. Être avec eux apporte une paix et une sérénité incroyables.

Pour mon temps libre, il y a aussi ma famille, mes enfants. Je continue de consommer du sport, mais pas forcément pour en parler : parce que j’adore ça.

Je suis assez simple comme personne. Je n’ai pas besoin d’être constamment en événements sociaux, ni de voyager en permanence. J’ai beaucoup voyagé quand je travaillais en Europe avec la MBA, j’ai aimé ça. Maintenant, je me concentre sur ma santé, mon travail et garder les gens motivés lors de mes conférences.

Conclusion

Guy – Et c’est sûr que tu le réussis très bien, Ray. Merci beaucoup pour ce partage vraiment intéressant.

La cohue du Super Bowl arrive, on va te laisser aller marcher avec tes chiens, et on se revoit en conférence dans les prochaines semaines.

Merci à vous tous, chers abonnés, et merci à toi Ray. À bientôt !

Ray – Salut Guy, et merci à tout le monde !

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