Entrevue avec Paul Larocque : La rigueur

Pour cette nouvelle entrevue avec l’un de nos conférenciers, Guy Bourgeois, conférencier, formateur, motivateur et Président de Formax, reçoit notre tout nouveau conférencier : Paul Larocque, journaliste, animateur et chef d’antenne à LCN.

Personnage médiatique et politique depuis plus de 40 ans, Paul Larocque fait maintenant parti de notre équipe de conférenciers.
Bonjour Paul. Évidemment, le message que l’on diffuse à chaque mois dans notre PepTalk, est souvent basé sur des réflexions et des conseils qui peuvent servir aux gens dans leur travail et dans leur entreprise. Aujourd’hui, j’aimerais te faire parler de rigueur. On parle beaucoup de rigueur journalistique, encore plus depuis quelques années avec la présence du web.
En quoi est-ce que la rigueur que tu as eue à appliquer dans ton travail pourrait servir d’exemple pour le monde des affaires ?

Nous, dans le monde des médias « traditionnels », la rigueur est le cœur, l’ADN profond de notre travail journalistique. Quand on parle de rigueur, c’est un mot large, c’est une qualité très très large, mais qu’on peut découper ensuite.

J’ai constaté, au fil des années, que cette approche-là, qui nécessite une démarche sérieuse et rigoureuse avec un schéma d’analyse dans les processus de prises de décision, c’est important pour nous dans les médias, mais ça s’applique aussi dans toutes les sphères de la vie, incluant la mienne.

Dès qu’il est question de prendre une décision, peu importe ce que tu fais ou le niveau que tu occupes, cette notion de rigueur est hyper importante.

Je peux te donner un exemple. Dans une émission comme La Joute ou Le Bilan, il y a beaucoup d’opinions qui se confrontent. L’opinion, c’est une chose. Mais, sur le plan journalistique, ce sont les faits d’abord. C’est là où la rigueur n’est pas négociable. Nous, sur le plan journalistique, un critère qui est infaillible est que pour avoir une information et pour diffuser une information qui est le moindrement controversée, on a besoin de deux sources. Pas une. Deux sources. Et je répète ma recette : deux sources, indépendantes l’une de l’autre. Si tu appliques ce critère-là, dès que tu es confronté à une décision, de diffuser ou ne pas diffuser, ou de prendre n’importe quelle décision dans ce que tu fais, tu ne peux pratiquement pas te tromper.

C’est intéressant ce que tu dis Paul. Au fond, un homme ou une femme d’affaires qui a une décision importante à prendre, souvent il va consulter son mentor, son coach, son comptable, dépendamment de la décision. Toi, tu dis que si on en consulte deux, indépendamment, il serait très difficile de se tromper. C’est bien ce que je dois comprendre ?

Exactement. D’ailleurs, dans mes conférences, je vais aller puiser dans mes souvenirs de tous les premiers ministres que j’ai couverts et il y en a un qui appliquait ce principe, Robert Bourassa. Monsieur Bourassa avait son personnel politique et parallèlement à son personnel politique, il avait un groupe d’une quinzaine d’individus qu’il consultait presqu’à tous les jours. Chacun des deux groupes ne connaissait pas l’existence de l’autre groupe. Ce que j’ai découvert par la suite, c’est lui-même qui m’avait confié ça à l’époque, c’est que dans la société civile qu’il consultait presqu’à tous les jours, il y avait un deuxième cercle et les gens ne le savaient pas. C’est ce qu’il nous disait : « Fonctionnez comme ça ! C’est la meilleure firme de sondage qui n’existe pas. » C’est indéniable.

C’est un excellent conseil Paul ; j’avoue que je n’avais jamais vu le processus de décision de ce point de vue ! On sait qu’on doit consulter, mais d’y aller avec deux sources indépendantes à la façon journalistique, je pense que ça peut aider un paquet de gens d’affaires et, honnêtement, monsieur, madame « Tout le monde » qui ont aussi à prendre leurs propres décisions, y compris moi.

Effectivement, c’est un peu la vie. Il y a toujours deux facettes et c’est pourquoi il est important de mesurer et d’avoir la connaissance qu’il y a peut-être une contre-réalité qui peut exister par rapport à une situation X.

Tout à fait ! Merci beaucoup pour ton message Paul !

Bon succès !

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