Aller au contenu
Ça nous intéresse… entrevue avec David Côté

Entrepreneur engagé, cofondateur de Loop Mission et Dragon, David Côté a choisi un parcours bien différent de celui qu’on pourrait imaginer. À seulement 16 ans, il quitte le confort de son foyer pour voyager pendant plusieurs années avec très peu de moyens. Ces expériences hors du commun façonneront sa vision du bonheur, de l’entrepreneuriat et de l’engagement. Dans cette conversation avec Guy Bourgeois, il revient sur son cheminement, les leçons tirées de ses voyages, la naissance de ses entreprises et l’importance de bâtir des projets porteurs de sens. Une discussion inspirante sur la résilience, le leadership et le courage de suivre ses convictions. Ça nous intéresse… et vous ?

ENTREVUE

Bonjour à vous, chers abonnés à l’infolettre de Formax.

Je suis très heureux de vous présenter, encore une fois, une personnalité peut-être un peu différente de d’habitude. Vous devez-vous dire : « oui, mais tu nous présentes toujours des conférenciers et des conférencières qui ont du succès dans leur vie ». Et c’est vrai. Mais celui-ci a un parcours particulier et vous le connaissez peut-être déjà. Je vais quand même le présenter du mieux que je peux — il pourra me corriger au besoin.

Fondateur de Loop Mission, de Rise Kombucha et de Crudessence, mais surtout connu comme Dragon, nous accueillons aujourd’hui David Côté.

Le rôle de Dragon et son impact

Guy – Bonjour à vous, chers abonnés à l’infolettre mensuelle de Formax. Bien content, encore une fois, de vous présenter une personnalité peut-être un peu différente d’habitude. Vous devez vous dire : « Oui, mais Guy, tu nous présentes toujours des conférenciers et des conférencières, des gens qui ont du succès dans leur vie. » Oui, mais celui-là, il a un parcours particulier. Vous le connaissez, mais je vais quand même l’introduire du mieux que je peux. Il pourra corriger.

Fondateur de Loop Mission, Rise Kombucha, Crudessence, mais surtout Dragon. Alors, on accueille David Côté.

Bonjour, David!

David – Bonjour, Guy! J’adore que les gens me reconnaissent pour la chose qui me prend le moins de temps dans ma vie, c’est-à-dire pas mes business, mais Dragon!

Guy – Ouais, c’est ça. Parce que la réalité, c’est que Dragon, c’est quoi? C’est un mois et demi de tournage?

David – Ouais. Bien, c’est 11 jours de tournage. Puis je te dirais qu’après, les meetings avec les business dans lesquelles j’ai investi, plus les meetings de suivi avec celles dans lesquelles je n’ai pas investi — parce qu’il y en a beaucoup pour lesquelles on fait quand même des suivis —, je te dirais que ça représente peut-être un autre 15 jours par année. Donc, ça fait quoi? Environ 25 jours, bien remplis, mais that’s it, c’est tout!

Guy – Ouais. Mais c’est quand même… Premièrement, c’est un privilège, je crois, d’être là. C’est une belle reconnaissance, puis c’est surtout, selon moi, une contribution à l’entrepreneuriat québécois.

David – À 100 %! Ouais, tellement! Pour vrai, c’est incroyable ce que l’émission Dans l’œil du Dragon a fait pour les entrepreneurs au Québec. C’est incroyable. Puis les retombées, même financières, juste les ventes que ça génère pour les entreprises qui passent à l’émission, c’est exceptionnel.

Une mission entrepreneuriale

Guy – Écoute, on aborde ce sujet-là parce que, dans le fond, l’entrepreneuriat… Certains, dont toi et moi, et d’autres, voient ça un peu comme une mission. Permettre à de plus en plus de Québécois d’aller en entrepreneuriat. Mais le mot « mission », toi, c’est ton mot d’ordre. Je ne dirais pas que tu es missionnaire, là, mais quand même.

Ça m’a surpris. L’autre fois, j’ai entendu parler de toi, puis avant de nous parler de Loop Mission et de ta mission de vie, tu as dit : « J’ai été un bout de temps sans domicile fixe. » Ça m’a impressionné. Parle-nous donc de ça, parce que ça nous intéresse!

David – Écoute, moi, j’ai quitté le milieu familial à 16 ans. Puis mon premier voyage, j’ai marché le sentier des Appalaches. J’ai marché de la Géorgie jusqu’au Vermont. J’étais en survie en forêt, à manger des barres Mars, des Snickers puis du Kraft Dinner, avec le peu d’argent que j’avais gagné comme plongeur dans un restaurant.

Ça a été le début d’une grande aventure de voyages pour moi. Je n’ai pas suivi le parcours universitaire classique. Je ne suis pas allé à l’université. J’ai quitté au cégep, puis j’ai voyagé. J’ai voyagé pendant huit ans. Je travaillais où je pouvais, quand je trouvais des petites jobines à gauche et à droite dans différents pays.

Souvent, pour repartir en voyage et acheter des billets d’avion, je venais planter des arbres en Colombie-Britannique. Je plantais des arbres l’été, je faisais peut-être 10 000 ou 15 000 dollars par été, puis avec ça, je voyageais le reste de l’année. Il fallait donc que je m’en tire avec environ 10 000 $ par année.

Une famille présente, mais un chemin différent

Guy – Et qu’est-ce qui t’a donné le goût, à 16 ans, de dire : « Bye bye, papa! Bye bye, maman! » Je ne sais pas si tu as des frères et des sœurs, mais…

David – J’ai trois grands frères. Puis souvent, quand on entend ça, on se dit : « OK, il devait avoir un milieu familial plus instable. » Mais au contraire, j’avais un milieu familial exceptionnel. J’ai une famille qui m’a toujours encouragé à suivre mes rêves. Mes parents m’ont vraiment laissé aller. Ils ne m’ont jamais mis de bâtons dans les roues.

Guy – Ils faisaient quoi, tes parents?

David – Mon père était médecin, ma mère était infirmière, donc ils travaillaient dans le milieu de la santé. Puis j’ai trois grands frères. Alors, veux, veux pas, je cherchais à être un peu différent. Puis voilà. Je ne sais pas pourquoi j’ai été autant différent. Je n’ai pas d’entrepreneur dans ma famille. Je n’ai pas de mononcle, de tante… Même mes frères, tout le monde a suivi un parcours très conventionnel. Puis moi, je ne sais pas, j’étais la pomme un peu bizarre de l’arbre qui voulait faire les choses autrement.

Guy – Qu’est-ce qui t’a amené à vouloir partir? Parce que tu aurais pu être différent autrement : en devenant artiste, en faisant de la peinture ou des graffitis sous un pont.

David – Je pense que c’est tous les livres. Mon père avait des atlas du monde quand j’étais jeune, puis plein de livres de Cousteau, des livres sur le Sahara. C’étaient souvent des livres en anglais que je ne pouvais pas lire, mais je regardais les images. Je me suis toujours dit que je voulais aller visiter le monde. Ça a toujours été là. Ça a toujours fait partie de moi.

Ce que les voyages m’ont appris

Guy – On dit que les voyages forment la jeunesse, mais les voyages font beaucoup plus que ça. Qu’est-ce que tu as découvert dans tes voyages? Qu’est-ce que tu retiens? D’ailleurs, mesdames et messieurs, il est à Majorque, au moment où on se parle, en Espagne. Mais qu’est-ce que tu as découvert dans tous ces voyages, de ta jeunesse jusqu’à aujourd’hui?

David – Je te dirais que ce que j’ai découvert le plus, c’est la résilience en moi. En tout cas, ce que j’ai développé, c’est la résilience. Trouver une façon de m’en sortir, peu importe les situations.

J’ai vécu des situations quand même dangereuses, des situations conflictuelles, dans des pays où je ne parlais pas la langue. Je m’en suis toujours sorti.

J’ai développé ma capacité à comprendre l’humain et à savoir ce dont il a besoin pour ensuite bien m’entourer et réussir mes projets. Parce qu’un projet, on le sait, on ne le fait pas tout seul. Comme entrepreneur, si tu fais tout toi-même, que tu veux porter tous les chapeaux, c’est bien beau au début, mais si tu veux faire grandir ton entreprise, tu as besoin des autres.

Puis, pour avoir besoin des autres, il faut que tu les rallies, que tu les inspires. Tu ne peux pas simplement leur offrir un emploi avec des objectifs et un salaire. Les gens, ça ne les stimule pas suffisamment. Surtout pas en 2026. Tu dois rallier les gens autour de quelque chose de plus grand.

Je pense que c’est ce que j’ai appris dans mes voyages : rallier les gens pour me sortir de situations complexes.

En fait, Guy, j’ai tout appris en voyage. Ça a été mon école. Je ne suis pas allé à l’école. C’est là que j’ai appris les langues, que j’ai appris à me débrouiller.

Le bonheur et la simplicité

David – J’ai surtout appris la beauté du monde. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, quand j’ai lancé ma première entreprise, ce n’était pas une entreprise pour faire de l’argent. Au contraire. J’avais appris dans mes voyages que je n’avais besoin de rien pour être heureux.

C’est probablement la plus grande leçon que j’ai apprise. Ça sonne vraiment quétaine, mais c’est vrai.

J’ai vécu avec zéro dollar dans les poches et je vivais comme un roi. J’habitais dans les plus beaux endroits, au bord de plages magnifiques, avec une eau cristalline. Je faisais du surf, je mangeais des fruits frais. J’avais tout ce que je voulais.

J’avais ce dont les gens rêvent pour leur retraite. Ils se disent : « Un jour, à la retraite, je vais faire ça. » Moi, je vivais déjà ça à 18 ans, sans un sou dans les poches.

Le fait de savoir que ce bonheur existait sans le matériel m’a aussi aidé à prendre des risques lorsque j’ai lancé mes entreprises. Je me disais : « Écoute, je suis prêt à prendre un risque parce que je suis prêt à tout perdre. Je sais que je suis heureux sans rien. »

Le début de l’entrepreneuriat

Guy – Comment s’est fait le déclic? Parce que ta famille n’est pas en affaires. Ce n’était pas dans tes plans. Tu voulais simplement être heureux et voyager. Mais le moment où tu t’es dit : « Je vais partir une business », comment c’est arrivé? Une rencontre? Quelque chose?

David – Je voulais partager une passion, en fait.

Avant que ce soit une business, je voulais partager une passion.

J’avais découvert l’alimentation saine et je trouvais que ça avait eu un impact incroyable sur moi. Je faisais de longues randonnées de plusieurs mois et je me suis demandé : « Comment est-ce que je peux partager ça avec les gens? »

Ça avait tellement aidé mon cheminement et ma santé que je voulais le transmettre.

C’est là que j’ai voulu ouvrir un restaurant végétalien à Montréal. C’était parti d’une passion, d’une envie de partager quelque chose avec les gens.

Toutes mes entreprises sont nées comme ça. C’est toujours parti soit d’un problème à régler, soit d’une passion que je voulais partager. Ensuite, c’est devenu une entreprise.

Pour moi, l’entrepreneuriat est probablement le meilleur véhicule pour réaliser un projet et transmettre un message.

La mentalité face aux obstacles

Guy – Tu parles d’obstacles. Évidemment, lorsque tu vivais en forêt ou dans des régions difficiles, il y en avait. Mais en affaires aussi, il y a des obstacles.

Dans les conférences, David, on veut entendre parler du succès des gens, bien sûr, mais surtout de leur mentalité.

Avoir la mentalité nécessaire pour traverser les obstacles, est-ce qu’on naît avec ça? Est-ce que ça se développe?

Parle-moi de ta mentalité face aux obstacles.

David – C’est tellement une bonne question, Guy.

Les gens me reconnaissent comme quelqu’un qui voit toujours le verre à moitié plein. Et je crois que cette mentalité vient justement de mon parcours.

J’ai vu des gens qui n’avaient absolument rien et qui étaient pourtant tellement heureux. Des gens qui n’avaient rien, mais qui partageaient tout.

Je me souviens d’une famille au Maroc, dans le désert. Ils n’avaient presque rien dans leurs poches. Ils ne savaient même pas ce qu’ils allaient manger le lendemain. Pourtant, ils me donnaient la moitié de leur repas.

Voir ça au quotidien pendant des années m’a amené à voir le beau côté des choses. Ça m’a amené à aimer l’humain, à aimer l’humanité et à conserver un immense espoir envers elle.

Je suis donc quelqu’un qui voit vraiment le verre à moitié plein.

Dans des situations problématiques où la plupart des gens auraient le réflexe de dire : « C’est fini, on est perdus », moi, j’ai toujours eu le réflexe inverse.

Ça m’est arrivé. J’ai vécu des moments où je pensais ne plus pouvoir payer mes employés.

La paie était le jeudi. On était mardi. Il me manquait 75 000 $ et je ne les avais pas. J’étais dans le rouge à la banque et je ne voyais vraiment pas comment j’allais trouver cet argent. Je n’avais pas les contacts que j’ai aujourd’hui.

Je pleurais dans ma chambre, le soir, en me disant que je ne pourrais pas payer mes employés.

Mais il y avait toujours quelque chose qui faisait que je ne pleurais pas longtemps. Le lendemain matin, je me réveillais en me disant : « Sais-tu quoi? Je vais trouver une solution. »

Conclusion

Guy – Évidemment, là, tu donnes des chiffres et tout ça, mais ça, c’est la vie d’un entrepreneur. À un moment donné dans sa carrière, il arrive à la paie et il n’y a pas d’argent dans le compte. Ou bien il y a tellement de comptes à recevoir qu’il se demande comment il va faire. Mais c’est ça qui est le fun.

Écoute, on a tellement envie que tu nous en dises plus qu’on va s’arrêter ici. On va inviter les gens, évidemment, à nous contacter pour entendre et voir les conférences de David Côté, qui, je vous dirais, est un être vraiment à part. Un entrepreneur aguerri, évidemment, mais surtout un être à part.

Alors, je vous invite à nous contacter.

Puis, David, qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour la fin de ton voyage?

David – Bien là, c’est un voyage de sept mois qui se termine. Alors, je me souhaite de revenir au Québec et qu’il n’y ait pas trop de bibittes, pour que ça ne me donne pas le goût de repartir tout de suite.

Guy – Ah non! Il n’y a pas de bibittes. Il faut que tu voies le verre à moitié plein!

David Côté, merci à toi.

David – Merci à toi, Guy!

Guy – Merci à vous tous. Bye-bye.

Partager l’article:

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Articles récents